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Keys and Chords
Music was our first love... and it will be our last...
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Le 1 mai = Roots and Roses à Lessines, un rendez-vous incontournable pour tout amateur de roots music qui se respecte.
Troisième édition, toujours concoctée par Myriam et Fredo de Boogietown Agency.
L'an dernier, l'astre solaire luisait généreusement, les adeptes du bronzage, pintje à portée demain, musique en bruit de fond, étaient à la fête.
En 2012 ça s'annonçait plutôt mal, quinze jours de pluie et de vent avec encore de sérieuses averses durant la nuit précédant les festivités.
Avec Luk H Newton Stiens, dont le coq, nourri au coca light, avait été programmé à 7:02 et 36 secondes, on se pointe à Lessines vers 10h45', en même temps qu'une douzaine de matinaux.
Sur place, une impressionnante cohorte de bénévoles est depuis longtemps à pied d'oeuvre.
Rapide inspection du site: de la gadoue et des flaques aussi étendues que le Lac de Virelles, maar geen regen!
D'ailleurs Ra, d'humeur bienveillante, a décidé de darder la plaine lessinoise de rayons complaisants.

Un jus de pomme pour le barbu, une bière artisanale pour le convoyeur, direction Stage One où JP Smismans, pince-sans-rire, annonce, après un merci d'être déjà si nombreux (25 pelés, trois mioches, un caniche, quatre vaches, un veau, 45 mouches et un bébé hirondelle sauvé par Luk, l'ami des bêtes...) le premier groupe: Mama Rosin!

Mama Rosin n'a jamais enfanté, elle n'est ni noire, ni bouffeuse de spaghetti... elle est tricéphale et suisse en même temps et donc comme tout Suisse qui se respecte, ponctuelle: il est 11 h comme prévu sur l'affiche!
Robin Girod (guitare, banjo, chant), Cyril Yeterian (accordéon, guitare, triangle helvète, chant) forment Mama Roisin en 2007 avec un batteur parti traire d'autres vaches, Xavier Bray le remplace depuis 2009.
A leur actif trois albums dont le cor des Alpes brille par son absence, les Genevois clairvoyants pratiquent un zydeco/cajun/voodoo/rock vicelard.
En 40' ils ont conquis les lève-tôt!
Ils commencent fort par une version zydeco/bilingue et méconnaissable de 'Sittin on top of the world' d'Otha Turner, suivie du 'Going down South' de RL Burnside, version Milka blues.
Ils enchaînent sur un hommage à Louisiana Red aux odeurs Clifton Chenier, le truc dégage une saine énergie communicative que ne dément pas le titre 'Wivenhoe' (cf la setlist!, en fait un endroit où ils ont joué au UK).
On n'a pas l'habitude de jouer à l'aube, on vous en confectionne une calme, la sad ballad 'Back à la maison' aux relents soul.
Un banjo: 'Les secrets d'Evangeline' te rappelle au bon souvenir de Daniel Lanois et avec 'Opelousas waltz' (?) on vire country, le drummer tirant quelques lignes d'harmonica.
'Les cuisines de l'enfer' du bluesrock démoniaque et comme on revient de Chine, on vous a concocté du zydeco tonkinois juteux à manger avec des baguettes: 'Le pistolet', un 'Hey Joe' cajun.
Un signe des organisateurs, encore 5', OK, vite deux dernières salves, une plage roots crépusculaire et le classique 'Bon temps rouler'.
Chouette groupe!
11:50, Stage Two: Romano Nervoso

Mothers, lock up your daughters, Romano Nervoso, from La Louvière, is in da house!
Troisième rencontre avec Giacomo Rocky Stallone et ses frères Nervoso (Lucas, Mathieu et un nouveau Sal Jean). Son glam/garage/punk qui tache, tu commences à connaître et pourtant, ce midi, ils ont balancé quelques nouveaux titres prévus pour un second CD, telle la réponse sauce napolitaine au Boss, 'Not born in the USA' ou 'Talking about love', n'oubliez pas de saupoudrer de parmigiano reggiano, trois ou quatre fiasques de Chianti devraient suffire pour faire passer cette cuisine raffinée.
Il est pas midi, Lessines danse.
Un coup de pure malt made in Brindisi, idéal pour lubrifier le larynx et s'est reparti 'Queen of the night' pour les travelos, un vagissement tenant lieu du rôt de bébé, puis 'The story'.
C'est l'heure de ma gymnastique matinale, un jogging dans le chapiteau s'impose, faites place, braves gens, je descends de mon piédestal.
Retour sur scène, les Sonics, 'Have love, will travel', suivi d'un slow Berlusconi, avant de revenir au macaroni disco glam fringant mixant Slade, Queen, The Hives, Alice Cooper, Suzie Quatro, Gary Glitter ou Joan Jett...
Extravagant, extraverti, exubérant, excentrique, expectorant... cherchez l'horreur!

Lewis Floyd Henri

Un one man band de Londres, au look Jimi Hendrix / Phil Lynott .
Une guitare (slide), un drum kit réduit au minimum, un harmonica... le mec pratique un psychedelic blues artisanal et brouillon, truffé de riffs saturés, ne reniant pas les beats hip hop.
Honnête sans plus et certainement moins amusant que Bob Log III venu fouler une scène du Roots & Roses en 2011.
'Rickety Ol' Rollercoaster' ouvre le set suivi de 'The devil's workin' un blues nerveux, le gars tapant sa gratte, l'utilisant en fret tout en s'agitant dangereusement sur son siège.
Quoi, Didier?
Pas terrib, tu dis... il y a pire!
'Good news', il y a du soleil sur la France?
Et ainsi de suite, on a eu droit à 8, 9 titres construits sur le même moule, dont 'Don't push it' et 'Gonna get drunk' un programme électoral apprécié par les locaux.
Il termine par 'Went to a party' et il a l'intention de continuer la fête après son set, brave gars!

Ben Caplan & The Casual Smokers

Myriam: Luk (qui ne veut pas qu'on ébruite qu'il avait disparu de la circulation pendant 30') et Michel, faut pas rater Ben Caplan & the Casual Smokers from Halifax, ils sont fabuleux!
She was damn right, les Canadiens furent une des révélations du jour avec leur brillant americana/cabaret/ klezmer/blues folk, devant autant à Tom Waits (il est souvent citer le Tom), Nick Cave (même remarque) ou certains osent: Captain Beefheart... mais ces comparaisons sont réductrices, Ben a créé un univers propre.
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Le CD 'In the time of the great remembering' est sorti en 2012.
Line-up: Ben, Barberousse, Caplan: vocals, guitar, melodica, keys, sermons - un autre barbu aux drums (était-ce Matt Gallant ou Ricky Gibone ?) et deux superbes filles (niet waar, Luk?): upright bass, probablement Asher Nehring et une blonde au violon, il l'aurait ramassée dans un fossé en Hongrie, le farceur: Signe Bone (?) ou Faye Bontje (?)... Maigret enquête!
Une intro acoustique/violon pour un folk aux accents yiddish: 'Southbound', entrée en matière fraîche, vitaminée et entraînante.
Le gospelisant 'Seed of love' succède, puis on aura droit à une tragic lovesong 'Drift apart', une rupture difficile à digérer et chantée d'une voix poignante.
Du grand art!
Il est tellement affligé qu'un sip of whisky s'impose et comme il semble avoir le nez fin il ajoute do I smell pot?
C'est pas moi, lui signifie Luk!
Une chanson à propos de sacrifice en ces temps de crise, le violon virevolte, le tempo se fait sautillant et t'invite à la danse.
Lessines, some handclaps, please: 'Down to the river' dans la veine negro-spiritual lancinant.
Il ramasse le melodica, implore notre aide pour un shoutalong démarrant en jazz souverain 'Conduit', sûr qu'ici on peut citer Tom Waits ou Leon Redbone.
Intro profonde au piano, presque du Regina Spektor, mais 'Stranger' mue très vite en imparable cabaret waltz.
Thank you, Belgium, bye, bye...
Ovations, ils rappliquent pour une complainte gipsy bouillonnante qui soudain devient cabaret rock agité.
Ben Caplan, à tenir sérieusement à l'oeil!

Bob & Lisa

Les Bellrays étaient à l'affiche en 2011, Bob Vennum et Lisa Kekaula, les locomotives du combo californien reviennent en formule acoustique en 2012.
Depuis 'Rosethorns' rien de neuf dans les bacs, mais une nouvelle plaque est en gestation.
Comme à la Rotonde du Bota, en 2009, le couple la jouera sobre, personne ne s'est plaint.
'Walking on the rain' ouvre, une belle ballade country/americana. La voix chaude de Lisa épouse le jeu de guitare subtil, Lessines écoute.
Comme le titre l'indique: du blues 'Crossfire blues', suivi d'un nouveau titre 'That's all you get from me' tout aussi bleu.
C'est mieux que les Bellrays, murmure Ivan Nervous Shakes... c'est autre chose, ket!
'Buried alive' autre primeur, puis l'excellent Jimmy Reed, 'Baby what you want me to do' et un downtempo, 'Endings and beginnings' auquel succède la ballade implorante 'Please, please, please' décorée de quelques notes de glockenspiel.
Une jolie firecamp song à deux voix 'He's gone wrong' et dans les mêmes eaux folky 'Gone for good'.
La guitare se fera plus incisive lors de 'Wishing Moon', un galop fébrile au clair de lune avec un fin picking. Au répertoire des Bellrays, la tornade 'Testify' et une dernière avec l'aide de la chorale locale: 'Ride'!
Sympa!

The Legendary Shack Shakers

Une bande d'infâmes givrés de Nashville, Tennessee, ayant enflammé le site à l'heure où les bien-pensants font la sieste.
Barjot jusqu'à la moelle, est trop faible pour décrire le frontman (chanteur, harmoniciste), poids plume, JD Wilkes, un look de petit représentant de commerce, tu sais le style Willy Loman, enfanté par Arthur Miller, qui, une fois sur scène, se métamorphose en bête obscène.
En toile de fond sonore à ses frasques, t'as le placide cowboy Mark Robertson à la upright bass, Brett Whitacre aux drums et le greasy hair, Rod Hamdally à la gratte.
Ces illuminés pratiquent un rock-, psychobilly, punk blues, gothic rock, manic country sauvage ayant mis le feu à la tente.
Sans conteste le groupe qui a eu le plus de répondant!
En moins de quinze titres ils se sont faits des milliers de nouveaux fans.
Pas de setlist, mais un show huilé jusqu'au plus petit rouage.
Zont probablement entamé par une douceur nommée 'Pinetree boogie', sur lequel ils ont enchaîné avec un rockabilly punk, plus crasse que le plus sale morceau des Cramps.
S'en suit une fusillade destructrice, avec une série de titres de plus en plus speedé.
JD se montre bigrement teigneux et survolté, ses divagations font des émules, dans le tipi ça s'excite sauvage.
Les countrybilly, boogie crasseux, punkabilly, garage jamais nettoyé se succèdent sans temps mort, la bête a perdu ses binocles, se retrouve sans liquette pour exhiber un torse malingre et velu, court à droite à gauche, viole le pied de micro, se passe une menotte dans le calebard pour secouer ses coquilles, éructe comme le bâtard d'un Jello Biafra et d'une Nina Hagen, ayant copulé par hasard après une nuit orgiaque dans une fumerie d'opium, bref, c'était presque aussi bien qu'un show d'André Rieu, lors du réveillon de Noël!
Il questionne 'Where's the devil' : et les joyeux scandent le refrain à quatre.
On pensait qu'il voulait une Duvel, mais non ... I'm the devil, right... il explique!
Un autre gâterie traitant de Lucifer s'appelait 'Old Spur Line', ce canasson devait être plus dopé que Ricco et Contador, il galopait encore en salivant salement alors que le Derby était depuis longtemps achevé.
Effrayant!
Un final tourbillon et un rappel t'invitant à une jive folle!
Un show tonitruant mettant un terme à la première mi-temps du festival!

Texte: Michel Preumont • Photo's: Luk Stiens © - 3/5/2012 - 18:00


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